ETF ou fonds classiques : pourquoi les fonds « qui copient le marché » gagnent du terrain
Depuis quinze ans, les ETF des fonds qui se contentent de copier un indice boursier grignotent du terrain face aux fonds gérés « à la main » par un professionnel. Ce n'est pas une affaire d'opinion : c'est surtout une question de frais et de résultats mesurés. Cette fiche explique simplement ce qui oppose les deux, puis l'illustre avec une grande étude publiée début 2026.
Le contexte
Un fonds actif est piloté par un gérant qui choisit lui-même les actions, en espérant « battre le marché » (faire mieux que la moyenne). Un fonds passif (ETF ou fonds indiciel) ne fait que recopier un indice (comme le CAC 40), sans décision humaine. La grosse différence, ce sont les frais : un fonds actif prélève souvent 1,5 à 2,5 % par an, contre 0,1 à 0,3 % pour un ETF. Sur 20 ans, cet écart peut représenter plus de 30 % de capital perdu, rien qu'en frais.
Les points clés à retenir
1. Les frais, une barre difficile à franchir
Avant même d'espérer faire mieux que le marché, un fonds actif doit d'abord rembourser ses propres frais. S'il prélève 1,5 % par an, il lui faut surperformer de 1,5 % chaque année juste pour faire match nul avec un simple ETF.
2. Tous les marchés ne se valent pas
Sur les grandes actions américaines ou européennes, très étudiées, battre le marché est extrêmement difficile. En revanche, sur les obligations, les pays émergents, les petites entreprises ou l'immobilier, un bon gérant peut encore faire la différence.
3. Les bons élèves d'hier rarement ceux de demain
Un fonds excellent une année a moins d'une chance sur trois de le rester sur trois ans. Choisir un fonds uniquement sur ses performances passées est donc trompeur : tôt ou tard, les résultats reviennent vers la moyenne.
4. Tous les ETF ne se valent pas non plus
Pour un même indice (ex. le MSCI World), deux ETF peuvent afficher 0,4 à 0,8 % d'écart par an selon leurs frais, leur fabrication, ou leur éligibilité au PEA. Le choix de l'ETF n'est donc pas anodin.
La vraie question n'est pas « actif ou passif » — mais « quel outil pour quel marché ».
Notre lecture chez Fine
Notre approche est hybride. Sur les marchés où un bon gérant fait vraiment la différence — obligations, pays émergents, petites entreprises — nous choisissons des gérants actifs reconnus. Sur les marchés très « efficaces » où il est quasi impossible de battre la moyenne — grandes actions américaines, indices mondiaux — nous utilisons des ETF à bas coûts. Concrètement, un ETF mondial à 0,20 % de frais peut faire un excellent cœur de portefeuille, complété par quelques fonds actifs ciblés là où ils apportent vraiment quelque chose.
L'actualité du sujet
La grande étude Morningstar 2025. Publiée en février 2026, elle a passé au crible près de 32 000 fonds européens. Le verdict est sans appel : sur 10 ans, seuls 11,4 % des fonds actions gérés activement ont fait mieux que leur indice. Sur les grandes actions de la zone euro, c'est encore pire : 3,8 % de réussite seulement. Les marchés où les gérants s'en sortent le mieux restent les obligations (31,5 %), les pays émergents (19,6 %) et les grandes actions britanniques (10,2 %). Résultat : l'argent file de plus en plus vers les ETF, surtout sur les grands indices.
Les erreurs à éviter
- Choisir un fonds actif sur ses seules performances passées, sans vérifier si elles durent.
- N'investir qu'en ETF, en oubliant les marchés où la gestion active a du sens.
- Comparer un ETF et un fonds actif sans tenir compte des frais sur 10-20 ans.
- Acheter un ETF mondial cher alors qu'il en existe d'équivalents trois fois moins chers.
Toutes vos questions.
Nous avons réuni les réponses aux questions les plus fréquentes pour vous guider à chaque étape.
