Ressources

Immobilier

22 septembre 2026

3 min

SCPI : du rendement immobilier, mais une liquidité à surveiller

SCPI : du rendement immobilier, mais une liquidité à surveiller

Temps de lecture

Sommaire

Partager l'article

Les SCPI permettent d'investir dans l'immobilier locatif de façon simple et diversifiée, avec un revenu annuel régulier d'environ 5 %. Mais ce placement vient de connaître sa première vraie baisse depuis vingt ans, et la facilité à récupérer son argent s'est révélée plus fragile que prévu. Cette fiche explique simplement comment fonctionnent les SCPI, puis l'illustre avec un fait marquant : les parts encore en attente de revente fin 2025.

Le contexte

Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier), surnommée « pierre-papier », collecte l'argent de nombreux investisseurs pour acheter et gérer un parc immobilier locatif (bureaux, commerces, santé, logistique). Vous détenez des parts et touchez des revenus chaque trimestre, une fois les charges déduites. Le marché français pèse 89 milliards d'euros et compte près de 230 SCPI. C'est un placement peu liquide : les parts ne se revendent pas en un clic comme une action.

Les points clés à retenir

1. Un revenu régulier — mais pas garanti

Le rendement moyen 2025 est de 4,91 % (4,72 % en 2024). Mais il dépend des loyers encaissés, du taux d'occupation et de la gestion : ce n'est ni un intérêt fixe, ni une rente garantie.

2. Un prix déconnecté de la Bourse

Le prix de la part suit la valeur des immeubles, réévaluée une fois par an. Ça protège des secousses quotidiennes de la Bourse, mais quand l'ajustement arrive, il peut être brutal (–3,45 % en moyenne en 2025).

3. Trois grandes familles de SCPI

Les diversifiées (65 % de la collecte 2025), celles de bureaux (24 %), et celles de santé/éducation (4 %). Bien répartir entre secteurs et zones géographiques reste un critère de choix décisif.

4. La revente dépend des nouveaux entrants

Pour vous rembourser, beaucoup de SCPI ont besoin que de nouveaux investisseurs arrivent. Si les souscriptions ralentissent, les demandes de retrait s'accumulent et il faut attendre son tour. C'est exactement ce qui s'est passé en 2023-2025.

Une SCPI n'est pas un « fonds euros immobilier » : c'est de l'immobilier, avec ses contraintes.

Notre lecture chez Fine

Nous distinguons deux usages. Pour générer un revenu (retraités, besoin de complément), les SCPI restent pertinentes à condition de choisir des véhicules récents, diversifiés et qui collectent, sur un horizon de 8 à 10 ans. Pour diversifier un patrimoine, elles complètent une poche immobilière sans en être le cœur. Nous privilégions les SCPI à thématique européenne et les véhicules récents, non plombés par des achats faits au plus haut des prix en 2018-2021.

L'actualité du sujet

Le paradoxe des SCPI fin 2025. Selon le rapport de l'ASPIM (l'association du secteur) publié en février 2026, le marché envoie deux signaux contradictoires. D'un côté, l'argent collecté en 2025 repart nettement : 4,55 milliards d'euros (+29 % sur un an). De l'autre, il reste 2,79 milliards d'euros de parts en attente de revente fin 2025 — des épargnants qui veulent sortir mais patientent. 20 SCPI ont plus de 5 % de leur capital en file d'attente, dont 6 au-delà de 10 %. La reprise est très inégale : les SCPI récentes et diversifiées collectent fort, tandis que les anciennes SCPI de bureaux restent bloquées, avec des délais dépassant parfois 600 jours.

Les erreurs à éviter

  • Prendre le rendement passé pour une garantie de revenu futur.
  • Investir sur une vieille SCPI lourdement chargée en bureaux achetés au plus haut.
  • Oublier que la revente dépend de la collecte : en sortie, on attend son tour.
  • Surpondérer les SCPI dans un patrimoine déjà très concentré sur l'immobilier.

Toutes vos questions.

Nous avons réuni les réponses aux questions les plus fréquentes pour vous guider à chaque étape.

No items found.